Après plusieurs mois de démarches judiciaires pour obtenir l’expulsion de ses locataires, Marc-André Boudreault, un entrepreneur en rénovation, a finalement pu reprendre possession de son logement du 1150, rue Saint-Jean-Baptiste à Saint-Félicien. Ce qu’il a découvert derrière la porte dépasse largement les problèmes habituels d’entretien.
La découverte a de quoi décourager même le propriétaire le plus patient. En reprenant possession du logement de l’immeuble locatif qui en compte quatre, Marc-André Boudreault, 33 ans, a constaté une accumulation de déchets et un état de délabrement qui nécessiteront d’importants travaux de nettoyage et de remise en état.
Propriétaire de l’immeuble depuis trois ans, M. Boudreault avait accepté de louer le logement, en 2024, à une femme qui y habitait avec deux colocataires. Une décision qu’il avait prise avec une certaine compassion, mais qui s’est progressivement transformée en mauvaise expérience.
« Quand elle est venue me rencontrer au début, elle me disait qu’elle vivait dans un appartement un peu pourri et qu’elle avait des enfants. Je l’ai un peu prise en pitié et je lui ai laissé sa chance », raconte-t-il.
Retards de paiement
Les difficultés n’ont toutefois pas tardé à s’accumuler. Les retards de paiement du loyer sont devenus récurrents et le propriétaire affirme avoir fait preuve de patience pendant plusieurs mois, espérant que la situation se replace.
« C’était tout le temps en retard. Je suis quand même tolérant. Je comprends que ça peut arriver à quelqu’un d’avoir des difficultés pendant un mois ou deux, mais à un moment donné, ça suffit », explique-t-il.
À ces problèmes financiers se seraient ajoutées des situations conflictuelles dans l’immeuble. M. Boudreault affirme avoir reçu des commentaires d’autres locataires concernant des crises et des interventions policières.
Des démarches judiciaires qui s'étirent
À bout de patience, le propriétaire a entrepris des démarches pour obtenir l'expulsion des occupants. Il a présenté sa cause devant le tribunal le 11 août dernier et a ensuite dû attendre le jugement.
Une fois la décision rendue, il a fallu engager un huissier et patienter encore environ trois semaines avant que l'expulsion puisse être exécutée. Les anciens occupants ont finalement quitté les lieux quelques jours avant l'entrevue, permettant au propriétaire de constater l'ampleur des dégâts.
Dans le logement, le problème ne se limite pas à quelques réparations ou à des portes endommagées. C'est surtout l'accumulation de déchets et l'état général des lieux qui retiennent l'attention.
Le propriétaire évalue les dommages à environ 3 000 $ à 4 000 $. Il estime également que les possibilités de récupérer les sommes nécessaires auprès des anciens occupants demeurent limitées, compte tenu de leur situation financière.
Un avertissement aux propriétaires
Avec cette expérience, Marc-André Boudreault souhaite sensibiliser les autres propriétaires d'immeubles locatifs à l'importance de bien évaluer les candidatures avant de signer un bail.
Il reconnaît que sa décision initiale reposait en partie sur le désir de donner une chance à une personne qui semblait vivre une situation difficile. Avec le recul, il estime que sa générosité lui a coûté cher.
Sans vouloir généraliser à partir de son expérience, il souhaite rappeler qu'une mauvaise relation locative peut rapidement entraîner des conséquences importantes, autant sur le plan financier que sur le plan humain. À 33 ans, le propriétaire se retrouve maintenant devant une importante tâche de nettoyage et de remise en état avant de pouvoir envisager de louer de nouveau le logement.
Son expérience illustre aussi les difficultés auxquelles peuvent se heurter les propriétaires lorsqu'une situation locative dégénère et que les démarches pour reprendre possession d'un logement s'étirent sur plusieurs semaines.
Pour M. Boudreault, cette mésaventure constitue une leçon coûteuse : vouloir donner une deuxième chance à quelqu'un ne garantit malheureusement pas que cette confiance sera respectée.
