Le vice-chef des Pekuakamiulnuatsh Takuhikan, Patrick Courtois, se dit satisfait de l’écoute démontrée par les candidats aux prochaines élections provinciales dans la circonscription de Roberval. Avec d’autres élus de Mashteuiatsh, il a rencontré quatre des cinq candidats en lice.
Les représentants des différents partis de la circonscription ont également pris le temps de rencontrer les élus de la communauté. La même démarche s’est répétée auprès de presque tous les candidats de la région, à l’exception de ceux du Parti conservateur du Québec.
« Ça fait des années que l’on entretient de bonnes relations avec la région, notamment grâce à nos projets de développement économique, particulièrement dans le secteur de la production d’énergie renouvelable », souligne le vice-chef Patrick Courtois.
L’indépendance du Québec
La première rencontre réunissait les candidats du Parti québécois. Une démarche qui a particulièrement retenu l’attention du vice-chef.
« Ça m’a impressionné de constater qu’ils étaient tous assis autour d’une même table avec nous. »
Patrick Courtois estime toutefois qu’un éventuel projet d’indépendance du Québec ne pourrait se réaliser sans l’accord des Premières Nations.
« On nous oublie dans ces discussions. On a de la misère à concevoir une séparation du Québec avec le reste du Canada sans nous. De plus, ça ne peut pas se négocier uniquement à partir de gens assis dans des bureaux à Québec. Les Premières Nations doivent prendre part à ce projet pour que ça fonctionne. Sans oublier que nous n’avons pas cédé les titres ancestraux, comme c’est le cas également dans plusieurs provinces au Canada. »
Le vice-chef critique également la position du ministre Simon Jolin-Barrette, membre du Conseil du trésor et ministre responsable des Affaires constitutionnelles, concernant les titres ancestraux.
« Il affirme que c’est à nous de démontrer que l’on possède ces titres. Ce n’est pas à nous de le prouver, car on les détient. C’est un débat juridique inutile. »
Gestion de la forêt
La décentralisation de la planification forestière figure également parmi les principaux enjeux soulevés par les Premières Nations.
« Tout est maintenant centralisé dans des bureaux au Québec. C’est un fonctionnaire qui décide, à distance, combien de mètres cubes vont être coupés au Lac-Saint-Jean, sans connaître les enjeux du territoire. »
Selon Patrick Courtois, la communauté souhaite participer davantage aux discussions entourant la gestion de la forêt.
« La CAQ sait que nous sommes prêts à devenir partenaires à une table régionale sur ce dossier. Tant qu’on va opposer l’économie à l’environnement, nous ne pourrons pas être partenaires. À partir du moment où l’on va concilier les deux, nous serons présents. »



