Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a dit ne pas voir comme le premier ministre Stephen Harper l'urgence d'une rencontre entre les deux hommes qui pourrait décider du déclenchement d'élections générales d'ici deux semaines.
Le porte-parole du chef libéral, Mark Dunn, a indiqué lundi que M. Dion était prêt à s'entretenir avec M. Harper avant la reprise des travaux le 15 septembre, mais que compte tenu de son horaire chargé, une telle rencontre ne pourrait pas se tenir avant la fin de la semaine prochaine, au plus tôt.
«Où est l'urgence?», a demandé M. Dunn, soutenant que le premier ministre créait une crise de toutes pièces.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est dit prêt lundi pour sa part à rencontrer en tête-à-tête Stephen Harper les 5, 6 ou 7 septembre pour discuter de la prochaine session parlementaire.
Mais M. Harper pourrait décider de déclencher des élections aussi tôt que le 2 septembre, sans attendre de rencontrer les chefs d'opposition.
M. Harper souhaite pouvoir évaluer s'il y a des terrains d'entente entre le gouvernement conservateur et les partis d'opposition avant le début de la session.
Jusqu'à maintenant, aucune rencontre n'a été planifiée, bien que le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, ait indiqué que son bureau tentait d'organiser un tête-à-tête d'ici la fin de semaine prochaine.
«M. Dion refuse même de s'entretenir par téléphone avec le premier ministre, a soutenu lundi le directeur des communications pour M. Harper, Kory Teneycke. C'est un signe qu'il a coupé les ponts complètement avec le premier ministre.»
Le porte-parole du chef libéral a fait valoir que l'enjeu était trop important pour en discuter autrement qu'en personne. «La décision de plonger les Canadiens dans une élection fédérale de 400 millions $ ne sera pas prise au bout du fil ou par message texte», a-t-il lancé.
Des stratèges conservateurs ont déjà indiqué que si M. Harper estimait qu'il n'y avait pas de terrains d'entente, il était prêt à déclencher des élections avant le début de la session, le 15 septembre. Ces stratèges ont refusé d'écarter la possibilité d'un déclenchement d'élections immédiatement après la Fête du travail.
Le premier ministre conservateur sait déjà que MM. Layton et Duceppe sont prêts à forcer la tenue d'élections à la première occasion. Mais M. Dion n'a pas voulu trop s'avancer, soutenant qu'il ferait tomber le gouvernement minoritaire au moment qu'il jugerait opportun.
Avec cette demande de rencontres formulée mardi dernier, M. Harper tente de retirer au chef libéral le contrôle de l'échéancier.
Le premier ministre devrait faire savoir mardi s'il compte attendre de rencontrer le chef libéral avant de déterminer s'il doit déclencher des élections.
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