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Le 400e anniversaire de Québec donne lieu à de grandes célébrations

Presse Canadienne Article mis en ligne le 3 juillet 2008 à 0:00
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Le 400e anniversaire de Québec donne lieu à de grandes célébrations
Jean Charest applaudit tout en lisant la plaque sur un monument dévoilait à Québec. Le monument est un cadeau pour Québec des Etats-Unis pour son 400e anniversaire. LA PRESSE CANADIENNE/Francis Vachon
QUEBEC - Les premiers ministres canadien et français ont livré jeudi une interprétation bien personnelle de l'héritage de Samuel de Champlain, dont la mémoire a été célébrée sous une pluie froide et battante à Québec pour les 400 ans de la capitale.
Pour le premier ministre Stephen Harper, le fondateur de la ville de Québec est sans l'ombre d'un doute le Père du Canada d'aujourd'hui. Selon son homologue de France François Fillon, l'explorateur de Brouage est plutôt à l'origine de la "civilisation française" implantée en Amérique.
"La France s'est agrandie sans se diviser, elle s'est étendue sans se rompre. Mesdames et messieurs, il n'y a qu'une France et c'est elle qui depuis 400 ans est présente en Amérique", a fait valoir le premier ministre Fillon, devant des élus, dignitaires et diplomates d'ici et d'ailleurs rassemblés au pied de la statue de Champlain, dans la vieille ville.
Officiers parisiens, marchands rouennais, jésuites et ursulines ont donné naissance à une civilisation qui s'est peu à peu démarquée au fil des siècles, a poursuivi le chef du gouvernement français.
"Oui, c'est une civilisation française, (mais) c'est une civilisation singulière, enrichie par le contact des Premières Nations indiennes, encouragée par la distance à plus d'audace, poussée par la Conquête britannique à se faire plus frondeuse et plus tenace", a-t-il dit.
A son tour sur la tribune, le premier ministre Harper est demeuré fidèle à son interprétation de l'histoire. De son point de vue, Samuel de Champlain est le premier gouverneur du pays et à ce titre, il est le Père du Canada.
"Samuel de Champlain n'est pas que le fondateur de la ville. Son nom est inscrit à Rideau Hall, la résidence du gouverneur général, au premier rang d'une longue liste de gouverneurs du Canada", a relaté M. Harper.
En jetant les premières fondations de la bourgade de Québec le 3 juillet 1608, l'explorateur et cartographe n'a pas seulement donné naissance à la Nouvelle-France", a insisté le premier ministre canadien.
"1608 est une date historique pour le Québec et le Canada tout entier. Car c'est à partir du 3 juillet 1608, il y a exactement 400 ans aujourd'hui, que nous avons véritablement commencé à devenir ce que nous sommes aujourd'hui", a-t-il soulevé.
Originaire de Toronto, ayant résidé plusieurs années à Calgary, M. Harper n'en croit pas moins que Québec "est la plus belle ville" au pays.
De son côté, le premier ministre Jean Charest a opté pour la prudence, se tenant loin du terrain glissant de la politique et des interprétations historiques. Son discours se voulait essentiellement un hommage à Samuel de Champlain.
"Il y a 400 ans, un découvreur est venu et aujourd'hui c'est une nation qui le salue. Et cette nation le salue dans sa langue. Cette langue que Champlain a portée dans ses bagages et que nous avons su, en 400 ans, faire fleurir. C'est notre héritage le plus précieux", a-t-il évoqué.
Malgré le temps exécrable, des centaines de personnes se sont déplacées pour observer la cérémonie protocolaire, qui a été suivie d'un défilé militaire auquel ont participé environ 1500 soldats.
Des manifestants pacifistes, quelques dizaines, s'étaient massés le long du cortège pour protester contre la présence des soldats canadiens en Afghanistan. Certains brandissaient des slogans antimilitaristes, d'autres distribuaient des tracts antiguerre, d'autres, peu nombreux, invectivaient les militaires. Une forte présence policière, sans compter les intempéries, a permis d'éviter les débordements.
Clou de cette longue journée de commémoration, le spectacle à grand déploiement "Rencontres", prévu devant le Parlement, a été remis d'heure en heure durant l'après-midi en raison du mauvais temps. Mettant en vedette une brochette d'artistes comme Yves Jacques, Diane Dufresne et Robert Charlebois, le spectacle thématique retraçant les grands moments de l'histoire de Québec s'est finalement mis en branle peu après 17h00. Etant donné le retard et compte tenu de leur agenda, les premiers ministres Harper, Fillon et Charest ont annulé leur présence à l'événement.
Plus tôt dans la journée, un spectacle "affranchi" de la "mainmise" du gouvernement fédéral sur les festivités du 400e s'est tenu devant une foule éparse - certains observateurs parlaient d'une centaine de personnes tout au plus - au parc de l'Amérique française. La chef péquiste Pauline Marois et son vis-à-vis du Bloc québécois, Gilles Duceppe, y ont assisté.
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